“Ne confondez pas avoir une carrière et avoir une vie…” Hilary Clinton

Je vais être franche : je supporte de moins en moins celles et ceux qui font passer leur vie professionnelle au détriment de leur bien-être et de leur santé.
Cela m’agace. Je vieillis, je deviens sage (un peu ?). J’observe ce qui se passe autour de moi et je crois que, parfois, en voulant bien faire, on fait mal. Pire encore : on se fait du mal. Insupportable !
Je dois l’avouer, j’ai fait partie de ces personnes là. Je me croyais hyper importante, et en fait, non.
Nora Abdemeziem, matricule 002030XXX. Trente ans de bons et loyaux services et, pourtant, parfois la sensation de n’être qu’un numéro.
Quand on a un peu de responsabilités, il est facile de se prendre au sérieux, de se croire indispensable. Spoiler alerte: c’est faux.
Qu’est-ce qu’il restera de nous quand nous ne serons plus là ?
Perso, je n’ai pas envie que l’on dise de moi : « Elle a travaillé sur tel projet, elle a mis en place telle fonctionnalité qui a permis de faire des gains de productivité », ou des trucs de ce genre.
Je voudrais que l’on garde de moi le souvenir d’une collègue plutôt sympa, qui a fait du bon travail, qui était disponible pour les autres, et pas celui d’un robot lessivé, détruit par un rouleau compresseur.
Nous ne sommes que des humains et, à ce titre, nous ne sommes que des mortels. Ding dong. La maladie, la souffrance et, surtout, la mort viennent nous le rappeler.
Elle s’appelait Anne. Elle nous a quittés il y a quelques jours. Je l’ai rencontrée en 2013, nous avons travaillé ensemble de longues années et, quand la maladie l’a empêchée de poursuivre une activité professionnelle, nous avons continué à échanger très régulièrement.
Sept ans de « collaboration », c’est marquant. Des fous rires, des énervements, des coups de pression, des moments de découragement, de la complicité… Nous nous sommes même un peu écharpées parfois, mais nous avions beaucoup de respect et d’affection l’une pour l’autre, et cela finissait toujours bien.
Anne a toujours été un soutien pour moi. Le 31 janvier, elle m’envoyait des photos liées au programme sur lequel nous avons travaillé, accompagnées d’un joli mot. Je me suis doutée…
Alors travailler, oui. Faire de son mieux, encore oui. Mais se ruiner la santé pour son travail parce que l’on a trop à faire, parce que les décisions prises sont absurdes et qu’il faut pallier les dysfonctionnements, c’est non.
Restons lucides. Soyons humbles. Il est rare de sauver des vies.
La vie professionnelle n’est pas La Vie. Nous n’en avons qu’une.
Faisons en sorte qu’elle soit équilibrée, juste et la plus douce possible. Mettons notre énergie dans des choses qui nous font du bien et qui sont bonnes pour nous (et pour autrui !).
J’espère du plus profond de mon cœur, que c’est ce que vous faites.
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Anne ne manquait jamais l’occasion de me faire un petit retour sur ces billets d’humeur. Celui-ci lui est dédié.